On en parle…parlons-en!

Cette semaine a été très active dans les médias pour parler d’alimentation et d’enjeux dans le domaine de l’agroalimentaire. Novembre est le moment de l’année où le milieu de l’agro réfléchit à l’avenir, fait le point sur la dernière saison, tient ses congrès et se prépare pour la prochaine année. Ces temps d’arrêt conduisent à des constats parfois dramatiques, où va se jouer l’avenir d’une ferme, d’une entreprise, d’une famille. Ces pauses permettent aussi aux citoyens que nous sommes, qui connaissons finalement le monde agricole surtout par le biais des marchés publics, de se questionner aussi sur nos engagements envers ceux qui tiennent l’avenir d’une région entre leurs mains. Je vous y réfère ici à l’article de Marcel Groleau, président de l’UPA, et à celui de Karel Mayrand, de la Fondation Suzuki, paru dans La Presse + du 20 novembre : La disparition des terres agricoles est un véritable cancer qui nous dévore lentement, quelques dizaines d’hectares à la fois, ici et là ; un mal indélogeable qui ronge notre territoire, et ce, partout au Québec. Au lendemain des élections municipales, nous interpellons les élus nouvellement arrivés en poste et ceux reconduits au pouvoir afin qu’ils fassent de la protection des terres agricoles une priorité dans le cadre du mandat qu’ils entament et qu’ils s’attaquent à ce drame silencieux». Dans notre village bâti sur le roc, en montagne, on ne peut pas dire qu’on fasse partie du grenier du Québec : pas de grandes cultures ni de terres fertiles en abondance. Mais notre façon de faire notre part consiste à profiter de celles des alentours, les terres de chez nous, des Basses Laurentides comme des autres régions, en achetant nos aliments auprès des producteurs qui viennent à nos marchés. En choisissant d’abord de soutenir notre santé économique et personnelle en soutenant les fermes du Québec.

Vers Tremblant et plus au nord, et vers l’Outaouais, on peut parler d’agriculture qui se développe, de fermes responsables, de produits de qualité. À nous donc d’assumer notre rôle social : poussons nos autorités régionales à veiller au développement de cette richesse «silencieuse». Le 16 novembre paraissait toujours dans La Presse + cet article de Alexandre Shields, chroniqueur environnementaliste : Alimentation : le virage 100% bio est possible, selon une étude. Prisonnière d’un modèle agricole dommageable pour la planète, l’humanité pourrait se tourner vers l’agriculture biologique pour subvenir aux besoins de la population mondiale croissante. C ‘est du moins la conclusion ambitieuse d’une étude publiée dans la revue scientifique Nature Communications(en anglais). La réussite d’un tel virage suppose toutefois une réduction marquée de la consommation de produits d’origine animale et du gaspillage alimentaire. La morale à tirer de ces coups de semonce, me semble-t-il, est qu’il faille réajuster et rééquilibrer l’exploitation des terres agricoles en interdisant l’utilisation abusives de pesticides et en encadrant le développement des grands élevages à travers le monde. Nous abîmons notre planète, nous violons nos terres. Le prix à payer pour nos enfants risque d’être élevé. Je laisse la conclusion entre les mains d’Équiterre : Mais il est très intéressant de constater, dans cette étude, qu’il faut non seulement réfléchir à la façon dont on produit les aliments, mais aussi à nos habitudes alimentaires. Incontournable : varions nos menus, mangeons localement, achetons de nos petits producteurs qui travaillent de façon éco-responsable. Je vous incite à lire en entier ces deux articles qui sont intéressants et très instructifs. D’autre part, nous avons reçu d’une cliente du marché un texte paru dans la revue Cent Degrés le 14 novembre. Extrait : Trois (3) infrastructures pour créer un quartier ou un village nourricier : une serre, une cuisine et un marché. Comment améliorer l’accès et la consommation d’aliments sains, locaux et cultivés à travers une équité sociale, économique et écologique ?» À réfléchir intensément ! Pour conclure, je vous renvoie à un site très intéressant, Project for Public Spaces, où j’ai relevé une phrase très inspirante : It takes a place to create a community and a community to create a place.

Ainsi nous, nous tous citoyens, nous pouvons avec notre marché faire un gros plus pour l’agriculture et pour notre communauté. Un plus pour nous et pour notre monde.

Diane Seguin

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