Se sucrer le bec à temps plein ! Ouch ! (suite)

Toujours dans ma lecture du dossier sur le sucre du magazine Le Point*, je frémis en lisant dans le texte «comment il s’incruste (presque) partout». De mieux comprendre à quel point les grandes entreprises mondiales en agroalimentaires se servent du sucre pour rendre «accrocs» les consommateurs…c’est troublant :

Saviez-vous qu’on trouvait parfois la même quantité de sucre dans un grand bol de soupe aux légumes que dans un yaourt aux fruits ? Et que les ajouts étaient également courants dans les conserves de légumes, les carottes râpées en barquette, le pain de mie, les biscottes, le ketchup, la mayonnaise, la moutarde …ainsi que dans les charcuteries. Utilisé pour rendre les produits plus agréables à la consommation, le sucre est devenu aussi omniprésent que le sel dans la nourriture industrielle. Il sert à rectifier l’acidité de la tomate, confère sa couleur au jambon, lance la fermentation des levures dans le pain, apporte de la douceur aux potages, donne de la consistance aux sauces. […] Au final, les Français ingurgitent en moyenne 100 grammes de sucre par jour, indiquent la Fédération française des diabétiques et l’Institut national de la consommation dans une étude de juin 2016.

Tout cela sans s’en rendre compte! Je suis certaine que nous, en Amérique, on doit être au même niveau, sinon à un niveau plus élevé encore. Alors, comment s’y reconnaitre ? Comment tenter d’évaluer notre consommation de sucre ?

Le bon réflexe c’est de convertir les doses de sucre en morceaux, explique Laurent Chevalier, médecin nutritionniste. Le tableau de valeurs nutritionnelles indique presque tous la quantité de sucre contenue dans une portion. Il suffit de diviser cette valeur par le poids d’un morceau de sucre, soit environ 6 gr, pour se faire une idée de ce que l’on s’apprête à avaler.

Il ne faut pas oublier que sur les étiquettes nutritionnelles les ingrédients apparaissent par ordre décroissant d’importance. La présence du mot «sucre» en début de liste est mauvais signe. Il faut aussi sortir son dictionnaire pour démasquer toutes les appellations avec lesquelles les fabricants le désignent : glucose, fructose, lactose, dextrose, saccarose, maltose, sucrose, sorbitol, sirop de riz brun, sirop de maïs, sirop d’érable, sirop de caroube, sirop de sorgho, sirop de malt, ethyl-maltol, malt d’orge, maltodextrine, galactose, sucanat …. du sucre, encore du sucre!

L’OMS recommande de limiter sa consommation de sucres à 10% de sa ration énergétique, soit 50 grammes par jour par adulte. Mais il ne faut pas non plus tomber dans l’extrême et faire du sucre «bashing» . Le cerveau a besoin de sucre glucose pour fonctionner. De grands chefs pâtissiers français se sont prononcés sur le sujet. Christophe Michalak : «Si on ne fait pas attention, dans vingt ans le sucre sera diabolisé come le tabac». N’empêche : dans ses verrines-desserts, ses créations les plus populaires, le sucre a diminué de 30%. Michel Guérard : «Ce qui paraissait normal il y a plus d’un demi-siècle ne l’est plus aujourd’hui. Je dis: vive le sucre, mais à condition de l’utiliser intelligemment.» Pierre Hermé : «Le sucre sert d’assaisonnement. À l’image du sel, du poivre et des épices. Il est là pour transcender le goût, pas pour le détruire.» Par exemple : pour son fameux gâteau nommé l’Ispahan, le taux de sucre a été divisé par deux dans la crème au beurre. En fin de compte, pour résumer, il vaut mieux cuisiner soi-même ses plats ou à défaut, acheter de quelqu’un qui cuisine ses desserts «comme à la maison».

Si le sujet vous intéresse: aux éditions Édito, de Catherine Lefebvre, nutritionniste et chroniqueuse nutrition pour La Presse + : SUCRE, Vérités et Conséquences, paru en 2016

Diane Séguin

* Le Point # 2354, 19 oct. 2017.

 

 

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